Journée mondiale de la philosophie 2011

Dialogue entre les cultures  

Dans ces temps de crise, le dialogue entre les cultures peut sembler éloigné de nos préoccupations immédiates. Mais à bien réfléchir, il apparaît plus nécessaire que jamais. Bien sûr, on pourrait arguer que, la crise étant mondiale, le dialogue entre les cultures est rendu presque obligé. Quelques esprits auront vite fait le calcul que certains pays, comme la Chine, volent au secours des puissances occidentales : une application pratique du dialogue interculturel ?

Ce serait évidemment voir la culture par le petit bout de la lorgnette. Car si la culture est bien un patrimoine, elle ne peut se circonscrire par des marchandages. La culture, c’est avant tout le propre de l’homme, ce patrimoine acquis qu’il se transmet, de génération en génération pour faire fructifier sa propre humanité à travers les civilisations. L’homme en est le centre.

Et c’est bien là toute l’actualité de ce thème. Car nous vivons actuellement une crise née des excès d’un système qui a préféré la rentabilité à l’humanité, qui a privilégié le progrès technique à l’évolution humaine et a substitué les médias à la culture. Le grand oublié du XXe siècle passé fut l’homme en définitive. Non pas l’homme matériel, l’homme confort et bien-être, mais l’homme authentique, l’homme durable, celui qui est capable d’héroïsme dans la difficulté, l’homme porteur de valeurs qui l’unissent aux autres hommes, et que l’on ne peut ni acheter ni vendre.

En choisissant ce thème pour 2008, le conseil de l’Europe projetait de lutter contre l’exclusion. Sans doute faut-il, aujourd’hui, intégrer dans ce thème de nouvelles considérations.

Tout d’abord, il est probable que l’accentuation de la crise aiguise les réflexes individualistes et de survie, et accentue les séparations, plutôt que d’engendrer des comportements spontanément solidaires comme en rêvent quelques bonnes âmes.

Le dialogue interculturel, en faisant prendre conscience de l’unité du genre humain derrière la diversité des cultures, peut-être fécond en rapprochements.Mais surtout, il s’impose à un moment où apparaît de plus en plus claire la nécessité de refonder notre monde. Non point simplement pour sauver le capitalisme qui est en train de s’autodétruire comme le titre un ouvrage de Patrick Artus et Marie-Paule Virard (La Découverte).

Car c’est la faillite morale du système qui a entraîné sa faillite réelle. Et ce n’est pas en rafistolant une machine économique que l’on peut espérer résoudre durablement le problème. Régénérer la culture, voilà l’enjeu. Le dialogue interculturel notamment par la rencontre entre les philosophies du monde est indispensable à cette rénovation.

L’humanisme fondamental des philosophies, leurs immenses richesses morales, leurs visions des sociétés et de l’histoire recèlent des trésors largement inexploités ou oubliés.

C’est pourquoi Nouvelle Acropole a voulu célébrer ces 7e journées mondiales de la philosophie sous l’égide du dialogue interculturel. Dans de nombreuses villes d'Europe où elle est présente elle proposera des rencontres et des dialogues philosophiques autour de ce thème le 20 novembre 2008.